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Lazare Ponticelli
Les lignes qui suivent sont extraites du discours prononcé par Mr Turon, le 17 mars 2008, en hommage à Lazare Ponticelli, le dernier poilu de la Première Guerre mondiale décédé à l’âge de 110 ans. 

Enfant d’une famille italienne très pauvre, il reste en Italie alors que sa mère et ses frères et sœurs émigrent en France. Il ne viendra les rejoindre que quelques années après (à 10 ans), en payant son voyage. Vie pauvre, faite de travail ; il apprend le français tant bien que mal…
A 16 ans, il créé avec un ami sa première entreprise et marque son attachement à la France : il souhaite s’engager dans la légion et se battre pour la France comme un de ses frères.

Dès les premiers mois de la guerre, il est au front en première ligne et se conduit d’une manière héroïque.
On l’oblige alors à aller se battre sur le front italien avec des soldats dont une partie est prête à pactiser avec les autrichiens, alliés des allemands.

Là aussi, il se conduit d’une manière héroïque, ces faits d’armes sont nombreux, cela lui vaudra la médaille du Roi, la plus haute distinction de l’armée italienne.

Rentré en France, il fonde avec ses frères Céleste, Bonfils, l’entreprise Ponticelli, entreprise de fumisterie à l’origine, elle se diversifie en particulier dans le domaine pétrolier.

Pendant la Deuxième Guerre, il apportera sa contribution à la résistance.

A l’après-guerre, son entreprise se développe avec la reconstruction du tissu industriel français. En 1955, il créé une agence à Bassens/Ambès ; à Bassens, l’entreprise emploie actuellement 200 personnes. Le groupe Ponticelli a près de 4 000 collaborateurs dans le monde ; quel destin pour un enfant immigré et analphabète à son arrivée en France.

Dans ses mémoires, il exprime tout son attachement à la France, mais aussi quelques réflexions à méditer…

1 «  Nous avons fait une guerre sans savoir pourquoi nous la faisions. Pourquoi se tirer dessus alors qu’on ne se connaît pas ? Il y avait des gens qui avaient des familles à nourrir. »

2 «  Aux cérémonies du 1/11/06 : « avant de passer à l’attaque, les camarades et moi on se disait : si je meurs, tu penseras à moi.
C’est pour ça que, depuis que la guerre est terminée, je vais tous les 11 novembre au monument aux morts. »

3 « J’ai tout appris de quatre à sept ans et, ce que mon père m’a dit, je ne l’ai jamais oublié : avec le courage, on arrive toujours à ses fins ; bien sûr on vit des mauvais moments, mais aussi des bons. »

Conscient d’être un des derniers témoins de cette époque, il écrivit ses mémoires pour les futures générations dans un ouvrage publié par la ville du Kremlin Bicêtre.
Les Mémoires de Lazare Ponticelli devront être remises aux écoles de Bassens et disponibles en consultation à la Médiathèque.

Discours hommage de Jean-Pierre Turon au format pdf (42 ko)
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